Les questions les plus fréquentes de nos clients
L’accessibilité numérique est un domaine à la fois technique, réglementaire, organisationnel et humain. Les organisations se retrouvent souvent face à une multitude de questions, parfois simples, parfois très complexes. Ce n’est pas surprenant : l’accessibilité touche à la conception, au design, au développement, aux contenus, aux outils tiers, aux obligations légales, à la gouvernance interne, et même au SEO.
Cet article rassemble les questions les plus fréquentes de nos clients lorsqu’ils souhaitent comprendre leurs obligations, améliorer leurs interfaces ou engager un audit de conformité.
1. Atteindre 100 % de conformité, est-ce possible ?
La question revient systématiquement, et pour cause : la conformité totale semble être l’objectif ultime. En réalité, atteindre 100 % de conformité est possible, mais rarement durable, l’enjeu résidant dans sa maintenance à long terme.
Pourquoi est-ce un objectif complexe ?
- Certaines non conformités sont plus complexes à implémenter que d’autres. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, les correctifs purement techniques sont souvent les plus simples et rapides à mettre en place. En revanche, les non conformités liées aux contenus s’avèrent plus laborieuses à rendre conformes. C’est le cas des images décoratives à ignorer par les technologies d’assistance, ou à l’inverse des images porteuses d’information à restituer aux personnes en situation de handicap. Certes, renseigner un attribut alt d’une image est rapide. Mais le renseigner sur toutes les images d’une interface peut devenir fastidieux et chronophage selon l’historique disponible, notamment sur des sites ecommerce à travers les fiches produits ou des sections de blog avec des articles pouvant remonter à plusieurs années de publication. Ainsi le taux de 100% est davantage atteignable pour des logiciels ou SaaS, reposant principalement sur l’intervention de développeurs.
- Egalement, les interfaces évoluent en permanence : nouvelles pages, nouveaux contenus, nouveaux composants. C’est la raison pour laquelle former vos développeurs et vos contributeurs est clé pour maintenir le plus haut niveau d’accessibilité possible pour votre interface.
Les outils tiers changent sans prévenir. Vous restez responsables des outils en place dès lors que vous les financez ou avez le contrôle sur leur rendu (via CSS ou Javascript notamment). Ainsi, si ces outils évoluent avec des régressions en matière d’accessibilité, votre note en sera directement impactée.
Comment faire pour obtenir et maintenir un niveau de 100% d'accessibilité ?
- Former vos équipes à l’accessibilité numérique afin de réduire la dette d’accessibilité existante, et vous assurer que les futurs déploiements ne viendront pas l’alourdir davantage.
- Créer une feuille de route d’amélioration de l’accessibilité, notamment pour les contenus administrés par les contributeurs : fiches produit, articles de blog, vidéos, PDF téléchargeables…
- Réaliser des audits de contrôle réguliers afin d’assurer une amélioration de l’accessibilité et un contrôle des outils tiers.
- Sur ce dernier point, réaliser une veille des outils tiers et de leur engagement d’accessibilité : le gestionnaire de cookies, les contenus embarqués via des iframe, les FAQ et chatbot externes…
2. Peut-on rendre accessible un site déjà existant sans tout refaire ?
Réponse courte : Oui — dans la majorité des cas, il n’est pas nécessaire de refaire un site pour le rendre accessible.
Les recommandations d'accessibilité proposent toujours la solution la plus simple.
Un code propre et des éléments codés de manière native sont toujours à privilégier pour l’accessibilité. Néanmoins, il est possible de mettre en place des correctifs légers permettant la compatibilité et la contrôlabilité avec les technologies d’assistance.
Par exemple, un accordéon codé avec les balises <details> et <summary> est préférable. Mais l’usage des motifs ARIA tels que aria-controls et aria-expanded permettront aux technologies d’assistance d’en comprendre la structure et l’état (ouvert/fermé).
Ainsi, la plupart des critères des référentiels reposent sur cette logique, et, selon les framework utilisés, il sera toujours possible de rendre compatible les composants sans revoir l’ensemble du code.
Certains critères peuvent nécessiter de la refonte partielle ou complète du HTML et du CSS.
- Les ratio de contraste insuffisants peuvent mener à des recommandations d’évolutions de la charte graphique et du design system en place. Cela aura pour impact de modifier les feuilles de style de l’interface et donc son rendu visuel.
- Certains critères visent à rendre les contenus visibles et compréhensibles sans les feuilles de style. Cela provoque, en cas de non conformité, des recommandations techniques remettant en question la structure du code établie.
3. J’ai installé un widget d’accessibilité sur mon site. Cela suffit-il ?
La réponse est simple : non.
Pourquoi les widgets ne suffisent pas.
Les widgets d’accessibilité permettent d’illustrer votre engagement sur ce sujet et apporte une aide ponctuelle pour certains utilisateurs (taille du texte, contraste). Au-delà de ces deux avantages :
Ils ne corrigent pas le code source. C’est pourtant ce qui est demandé par les utilisateurs en situation de handicap et par les référentiels.
Ils ne rendent pas les composants interactifs accessibles.
Ils ne réparent pas les erreurs de structure.
Ils ne remplacent pas les alternatives textuelles.
Ils ne corrigent pas les contrastes réels.
Ils créent parfois des problèmes supplémentaires.
Par exemple, si on prend la thématique des couleurs, les référentiels évoquent la nécessité d’avoir un contraste de couleurs suffisant pour tout « mécanisme qui permet d’afficher un rapport de contraste conforme ». Il s’agit là d’un test supplémentaire à réaliser, élevant le risque de non conformité.
4. Mon site contient des outils externes (gestion de cookies, iframe) : peut-on les exclure de l’analyse ?
C’est une question fréquente, surtout pour les sites qui utilisent :
des gestionnaires de cookies,
des modules de réservation,
des cartes interactives,
des vidéos intégrées,
des widgets sociaux.
En réalité, il y a de fortes chances que ces composants soient à intégrer dans l’audit. En effet, un audit d’accessibilité vise à mesurer l’expérience des utilisateurs, qui peut effectivement être impactée au travers de ces composants.
Quelles exceptions ?
Les outils tiers peuvent être exclus de l’audit seulement si de manière cumulative :
- vous n’avez aucun contrôle dessus, ni à travers le CSS, ni à travers le Javascript.
- vous ne les financez pas.
Il est de votre responsabilité de trouver des outils alternatifs accessibles ou d’imposer la mise en accessibilité à vos fournisseurs/partenaires.
5. Après l’audit initial, comment suivre l’évolution de notre niveau de conformité ?
L’audit initial n’est jamais une fin en soi : il constitue le point de départ d’un travail continu. Un site peut être conforme le jour de la publication du rapport, puis perdre rapidement ce niveau dès qu’un contenu est ajouté, qu’un composant évolue ou qu’un outil tiers est mis à jour. L’accessibilité doit donc être intégrée dans la vie du produit, au même titre que la sécurité ou la qualité logicielle.
Les attentes légales de suivi
Sur le plan légal, la France impose un cadre clair. La déclaration d’accessibilité est valide à partir de sa date de publication, mais elle doit être mise à jour dans trois cas : lorsqu’une modification substantielle ou une refonte du site est réalisée, trois ans après sa publication, ou dix-huit mois après la publication d’une nouvelle version du référentiel pour les organisations qui appliquent la méthode technique. Cette obligation montre que la conformité n’est pas un état figé : elle doit être entretenue et réévaluée régulièrement.
Et au-delà des attentes règlementaires ?
Le suivi de la conformité répond aussi à un enjeu interne majeur : maintenir la mobilisation des équipes. Après un audit, les équipes sont souvent motivées, car elles comprennent mieux les enjeux et voient les axes d’amélioration. Mais sans cadre de suivi, cet élan s’essouffle. Les bonnes pratiques se perdent, les nouveaux arrivants ne sont pas formés, et les arbitrages quotidiens privilégient la rapidité au détriment de l’accessibilité. Mettre en place un suivi régulier permet de conserver cette dynamique, de valoriser les progrès et de donner de la visibilité à l’effort collectif.
Concrètement, comment faire ?
Le suivi repose sur plusieurs pratiques complémentaires :
- Des audits de régression doivent être réalisés après chaque évolution importante pour vérifier que les corrections n’ont pas introduit de nouveaux problèmes.
- Des tests automatisés peuvent être intégrés dans la chaîne de développement pour détecter rapidement certaines erreurs récurrentes, même s’ils ne remplacent jamais les tests manuels.
- Des tests manuels, au travers d’audits de contrôle peuvent être réalisés de manière régulière pour mettre à jour le score d’accessibilité et la feuille de route pour les équipes opérationnelles.
- Une gouvernance éditoriale solide est également indispensable : les contenus doivent être relus, les contributeurs formés, et les modèles de pages mis à jour pour intégrer les bonnes pratiques.
- Enfin, un design system accessible, maintenu et documenté, permet d’éviter les régressions et d’assurer une cohérence dans l’expérience utilisateur.
6. Est-ce que la mise en conformité va servir mon SEO ?
L’accessibilité numérique et le SEO partagent un objectif commun : rendre les contenus plus compréhensibles, mieux structurés et plus facilement interprétables par des systèmes automatisés. Dans la majorité des cas, améliorer l’accessibilité améliore aussi le référencement naturel. Une structure HTML propre, des titres hiérarchisés, des liens explicites, des alternatives textuelles pertinentes ou encore des contenus multimédias correctement décrits sont autant d’éléments qui renforcent la compréhension de la page par les moteurs de recherche. Google valorise les pages bien structurées, cohérentes et lisibles, ce qui correspond exactement aux bonnes pratiques d’accessibilité.
Cas particulier : la gestion des images
Pour les images, l’accessibilité impose que seules les images porteuses d’information aient un texte alternatif. Les images décoratives doivent être ignorées par les technologies d’assistance. Le SEO, lui, encourage à renseigner un attribut alt pour enrichir le contenu indexable. Cette apparente contradiction peut être résolue grâce à l’usage d’ARIA. Une image décorative peut conserver un alt utile pour le SEO tout en étant masquée aux lecteurs d’écran via aria-hidden="true". Le moteur de recherche lit le DOM, pas l’arbre d’accessibilité, ce qui permet de satisfaire les deux exigences sans compromettre l’expérience utilisateur.
Cas particulier : la structure des titres
Le second point de friction concerne les titres. Le SEO recommande une hiérarchie stricte en H1, H2, H3, etc., tandis que certaines interfaces complexes nécessitent des niveaux de titres qui ne correspondent pas à la structure visuelle ou au design. Là encore, ARIA offre une solution élégante. Il est possible d’utiliser role="heading" et aria-level pour créer des titres accessibles sans perturber la structure HTML attendue par les moteurs de recherche. Cela permet de conserver une hiérarchie SEO optimale tout en offrant une navigation cohérente aux utilisateurs de lecteurs d’écran.
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