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En France, le fondement juridique qui encadre l’accessibilité numérique est le RGAA, qui repose sur des articles de loi (article 47 de la loi du 11 février 2005) et sur des décrets (n°2019-768 du 24 juillet 2019) et textes d’application.
Les organisations concernées par le RGAA sont donc :
Mais attention, depuis la mise en place de la directive européenne (UE 2019/882) transposée dans un décret (décret n° 2023-931), de nombreuses entreprises privées sont aussi concernées par des obligations d’accessibilité numérique en France. Les entreprises concernées sont celles qui commercialisent un produit ou un service couvert par la directive européenne, et qui sont :
Il existe cependant une exemption pour le moment pour les micro entreprises, c’est-à-dire les entreprises réalisant moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et ayant moins de 10 salariés.
Le cadre européen repose sur deux directives complémentaires, qui s’adressent à des périmètres distincts.
Le secteur public : Directive (UE) 2016/2102
La directive 2016/2102 a introduit des obligations d’accessibilité pour les sites web et applications mobiles des organismes du secteur public. En France, elle a été transposée par le décret n° 2019-768 du 24 juillet 2019.
Sont concernés :
Le secteur privé au sens large : European Accessibility Act (EAA), Directive (UE) 2019/882
C’est la grande nouveauté entrée en application le 28 juin 2025. L’EAA s’applique aux sites web et services numériques vendus à des consommateurs dans n’importe quel État membre de l’UE, quel que soit le lieu d’établissement de l’entreprise.
Les secteurs et produits concernés :
L’EAA fixe des exigences minimales. Les États membres peuvent adopter des lois nationales incluant des obligations supplémentaires, et étendre le champ d’application à des produits ou services additionnels
Les micro-entreprises bénéficient d’une dispense partielle, mais le seuil est étroit : moins de 10 salariés et un chiffre d’affaires annuel inférieur à 2 millions d’euros.
Il faut aussi noter que cette dispense est légale, pas contractuelle : dans les faits, un grand donneur d’ordre (privé ou public) peut exiger contractuellement la conformité de ses prestataires pour ne pas être lui-même en infraction, mais il s’agit d’une pratique commerciale, pas d’une obligation directe de l’EAA sur la micro-entreprise.
Tout dépend du secteur et du statut de l’organisation concernée. En effet, les organismes de contrôle diffèrent selon les organisations, et les sanctions aussi. Pour connaître l’organisme de contrôle qui veille au respect de la loi par votre organisation, ainsi que les sanctions encourues, faite une simulation de votre statut en cliquant sur ce lien.
Lors d’un audit d’accessibilité, il est possible de passer certains critères en “dérogation”. Ainsi, on considère que l’égalité d’accès des personnes handicapées est un droit fondamental, mais qu’elle doit être mise en balance avec les capacités réelles de l’organisme. Ainsi, les exigences légales d’accessibilité sont mises en œuvre dans la mesure où elles ne créent pas une charge disproportionnée pour l’organisme concerné. Il s’agit d’une dérogation invocable au cas par cas, pour une fonctionnalité ou un contenu précis, et non pas pour un site entier.
Faites bien attention d’effectuer un audit rigoureux. En effet, en cas de contrôle, toute dérogation doit être justifiée avec preuve à l’appui, et vous devrez démontrer que vous n’étiez pas en capacité financière et de moyen de résoudre ce critère. L’erreur courante est de passer en dérogation des critères concernant des extensions aux outils externes installés sur votre site. Cependant, si vous avez le choix de choisir un outil plus accessible ou si vous avez la main sur une partie du code, vous êtes définitivement responsable de ces critères sur ces outils implantés dans votre environnement.
Étape 1 : Contacter directement le responsable du site
C’est le point de départ obligatoire. Chaque organisme soumis aux obligations d’accessibilité doit mettre en place un mécanisme accessible de voie de recours, comme une adresse e-mail ou un formulaire de contact, permettant à toute personne de signaler un défaut d’accessibilité, et à une personne handicapée de demander une solution alternative accessible.
Ce mécanisme doit être mentionné dans la déclaration d’accessibilité du site, accessible depuis la page d’accueil.
Étape 2 : Saisir le Défenseur des droits (si absence de réponse)
Si le signalement auprès de l’organisme reste sans réponse satisfaisante, la personne concernée peut saisir le Défenseur des droits. La saisine est gratuite, par courrier (sans timbre) à l’adresse : Défenseur des droits — Libre réponse 71120 — 75342 Paris CEDEX 07, ou via son site defenseurdesdroits.fr.
Étape 3 : Signaler aux autorités de contrôle
Selon le type de site ou service concerné, l’autorité compétente diffère :
Pour le secteur public (mairies, administrations, services de l’État), le signalement s’effectue auprès de l’ARCOM. Cliquez sur ce lien pour accéder au formulaire de contact qui vous permet d’effectuer une plainte.
Pour les entreprises privées de type E-commerce et biens de consommation, le signalement s’effectue auprès de la DGCCRF via le service Signal Conso. Pour effectuer un signalement, cliquez sur ce lien et choisissez la catégorie “Accessibilité aux personnes handicapées”
Étape 4 : Voie complémentaire et action en justice
Les associations de consommateurs et de personnes en situation de handicap peuvent également saisir directement les tribunaux. Et si l’inaccessibilité est caractérisée comme une discrimination, le Code pénal peut s’appliquer.
Si les produits ou services fournis ne respectent pas les règles d’accessibilité, les entreprises doivent appliquer les mesures correctives nécessaires au plus vite.
Elles ont également l’obligation d’en informer les autorités de contrôle en détaillant les défauts constatés et les actions menées ou prévues. Pour ce faire, un audit rigoureux doit être effectué afin de déterminer quelles sont les non conformités d’accessibilité, ainsi que le plan d’action prévu pour corriger la situation.
Pour effectuer cette démarche, ils peuvent utiliser le téléservice en ligne « Déclaration de non-conformité ou invocation d’une exemption aux obligations d’accessibilité numérique » sur le site
Déclaration de non-conformité ou invocation d’une exemption aux obligations d’accessibilité numérique
Ces trois textes n’ont pas le même statut :
Ce sont les trois niveaux de conformité définis par les WCAG (et repris tels quels dans le RGAA, qui assigne un niveau à chacun de ses 106 critères) :
Le RAAM (Référentiel d’évaluation de l’Accessibilité des Applications Mobiles) est, lui aussi, un référentiel créé par le Luxembourg (antérieur au RAWeb, dès 2021). Il a été conçu pour combler un vide : ni le RGAA ni les WCAG ne couvrent nativement les applications mobiles natives (par opposition aux Progressive Web Apps, qui peuvent être auditées avec les outils web classiques). Le RAAM permet d’évaluer ces applications à l’aune de la norme EN 301 549. Le futur RGAA 5 doit justement intégrer des critères spécifiques aux applications mobiles, ce qui rapprochera le référentiel français de ce que propose déjà le RAAM.